Nous avons été sollicités pour échanger à Dieulefit avec un groupe d’Allemands sur le thème de l’accueil de l’étranger.
Avec Guy Castelly, nous y sommes allés avec le panneau “géographique” pour présenter nos comités. Des contacts récents avec Grignan (qui devient Grignan-Valréas), Crest, Vaison, Lachau-Séderon, Vinsobres, nous ont permis d’actualiser les accueils.
Ci-dessous, vous pourrez lire le CR de cette rencontre de Dieulefit par Guy.
JEUDI 16 SEPTEMBRE 2021
Rencontre à Dieulefit (Colette+Guy) avec un groupe de 12 Allemands en stage, avec un organisateur français.
Un stage dans le cadre de l’association « Arbeit und Leben » (travail et vie). Cette association est gérée par le syndicat majoritaire en RFA, le DGB, avec l’aide de fonds patronaux. Les personnes se sont portées volontaires pour un stage sur le thème de l’accueil de l’étranger (d’où aussi le choix de Dieulefit). Elles participent en partie aux frais du stage. Et les jours de stage ne sont pas décomptés de leur droit aux congés.
C’est un public très intéressé, des syndicalistes, des membres de partis de gauche, des militants dans des associations ou des structures d’accueil. Et un public bien informé de la situation des réfugiés en RFA.
La situation en Allemagne diffère beaucoup de la situation en France. D’abord parce que l’Allemagne est un état fédéral , les Länder (Régions-Etats) ont des pouvoirs très étendus.
Il peut donc y avoir des différences importants selon les régions. On peut noter par exemple qu’il n’existe pas de ministère fédéral de l’Education , celle-ci est sous l’autorité de chaque Land.
Globalement, la RFA accueille beaucoup plus de réfugiés que notre pays. En 2015, les Allemands avaient approuvé majoritairement l’ouverture de l’accueil prônée par Angela Merkel.
On peut bien sûr prendre en compte le fait que la RFA a besoin de main d’œuvre, ça peut induire une attitude différente… Mais il y a eu aussi un vrai accueil humaniste de la population.
Il semble qu’aujourd’hui cette approbation soit moins évidente. Mais plusieurs stagiaires ont insisté sur les manifestations de soutien aux réfugiés qui se développent. Ils ont évoqué la colère des manifestants contre les politiques restrictives ou xénophobes qui peuvent exister, avec l’appui des partis conservateurs, poussés aussi par l’activité du parti de la droite extrême, l’AFD (Alliance pour l’Allemagne).
Le rôle de l’État Fédéral est important : lorsqu’un réfugié arrive, quel que soit son statut, il est pris en charge dans un “camp” (ce mot -Lager en allemand- a soulevé la protestation d’une stagiaire, qui préfère parler de « centres d’accueil », mais le mot “camp” a continué à être employé).
Dans ces « centres », les réfugiés sont logés, nourris, ils disposent d’un pécule de 180 euros par mois. Les enfants sont scolarisés dans le voisinage. Les réfugiés bénéficient de quelques cours de langue allemande. On peut sortir du centre, mais il faut le signaler, et si on ne rentre pas au bout de 3 jours, on perd la place. En fait , les réfugiés ont dans ces cas là peu de contacts avec la population.
On nous a donné des exemples : 1000 réfugiés dans des casernes américaines désaffectées, bien logés, mal nourris. Ou bien l’accueil de 10 000 réfugiés dans une ville de 130 000 habitants.
Au bout de 6 mois, les réfugiés sont répartis dans différentes villes ou villages, où leur insertion continue s’ils sont régularisés.
Il existe aussi beaucoup d’initiatives prises par les Länder, les églises, les syndicats ou partis pour l’accueil, l’insertion, l’apprentissage de la langue. Des dispositifs de soutien existent aussi dans l’enseignement.
Par rapport à ce que nous avons appris, notre travail est plus individualisé. Nous nous occupons de quelques personnes, d’une famille…. Là où nos interlocuteurs connaissaient la situation dans des villes où il s’agit souvent de milliers de personnes à accueillir. Dans les campagnes, on peut retrouver un fonctionnement semblable au nôtre, mais vu les aides, le problème financier, important pour nous, ne se pose pas.
Nos interlocuteurs ont été très intéressés par l’action de nos comités, les difficultés administratives ou financières que nous connaissons, les questions du logement, de la santé, de l’intégration, de la scolarisation… Et aussi par la situation politique en France, où le poids des idées d’exclusion, le racisme (qu’ils connaissent aussi chez eux!) et l’opportunisme politique qui en découle pèsent sur la situation des réfugiés.
Communiqué par Plateforme des Comités d’Accueil des Réfugiés en Drôme-Ardèche et Vaucluse (CARDAV)
Valérie Rosier, Coordonnatrice
Tél 06 12 33 10 71 arquaique@orange.fr
Colette Sénéclauze, Secrétaire
Tél 04 75 26 41 44 c.a.sene2015@gmail.com
Annie Molinet, Blog
Tél 04 75 28 51 77 coparhb@gmail.com
