Visite à la famille kurde que nous soutenons ensemble!

Josette Fournié, du Comité pour l’Aide aux Réfugiés dans les Hautes-Baronnies (COPARHB, Séderon/Lachau), tient à remercier tous ceux qui se sont une nouvelle fois mobilisés pour la famille kurde récemment arrivée dans un CADA de Rhône-Alpes, après un longue période d’attente à Athènes (une maman et 4 enfants, voir notre page précédente ICI)

Compte rendu visite de la famille kurde du samedi 21 avril 2018

Avec Patrick un ami, nous nous sommes rendus dans le Centre d’Accueil de Demandeurs-res d’Asile de la région lyonnaise, où est installée la famille d’Hevi, avec ses 4 enfants.

L’accueil fut chaleureux et nous avons pu visiter le centre et les locaux réservés à la famille. Un immeuble de 5 étages datant des années 1960 avec un grand parc devant où les jeunes, les enfants jouent, bavardent… Ici c’est toutes les couleurs et les langues du monde qui se côtoient. Chacun-e enfants ou adultes dit bonjour, sourit.. Cela fait du bien.

Dans le hall d’entrée, les machines à laver le linge grand modèle, qui fonctionnent avec des pièces. Tout au fond de la cour, l’escalier qui nous amène au 5 ème étage, là où la famille dispose de 4 chambres avec lavabo et réfrigérateur, dont une est utilisée comme salle à manger parce que équipée d’étagères pour tous les aliments secs, le reste étant stocké dans les différents réfrigérateurs. Tout à coté des chambres, la cuisine collective où chaque occupant de l’étage vient faire la cuisine et ne laisse aucun ustensile ou plat après usage. Le tout est sobre, propre et bien tenu.

Nous apportions avec nous de grosses provisions de céréales, légumineuses, produits secs, produits d’hygiène, vaisselle, marmites, cafetière, étendoir à linge, fournitures pour dessin et jeux d’enfants, livres d’enfants… et bien sûr tous les cadeaux magiques qu’avaient confectionnés les membres du collectif de Séderon (gâteaux faits maison, gâteries diverses, confitures… ) plus quelques sachets de production locale et bio, café…

Mais sachant que nous ne pouvions pas nous rendre là chaque semaine, j’avais contacté le réseau d’agriculture biologique local et avais obtenu un rendez-vous sur place avec la responsable de l’AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne), comptant 90 sociétaires, qui reçoivent chaque semaine un panier de nourriture approprié à la dimension de la famille. Marie Aline a tout de suite proposé que soit attribué à la famille un panier solidaire, qu’elle pourrait faire acheminer par des familles habitant le même village. Avec notre mauvais anglais, nous avons réussi à expliquer tout cela et quand cela ne suffisait pas nous avons fait appel à Sarah, qui, de Paris, a pu vite résoudre notre problème. Une autre personne contactée, comme salariée du réseau bio proche, Laurence, est aussi venue nous rejoindre apportant un grand panier de légumes, quelques œufs et encore des livres et jeux pour enfants.

L’agriculture biologique c’est plus qu’un mode de production, c’est aussi un projet  d’une société humaniste et  solidaire (voir Charte de la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique) et cela peut être rendu visible par la contribution du réseau à une bonne alimentation pour les migrants qui ont généralement souffert de malnutrition et présentent souvent des carences minérales ou vitaminiques que ne pourront pas combler les aliments de maigre qualité qui leur sont souvent dévolus. Un projet à faire évoluer dans les temps à venir.

Les enfants étaient si heureux de voir arriver tous ces vivres et bien sûr les gourmandises. Pour eux-elles c’était comme Noël! Leurs petits yeux brillaient de gratitude et d’affection. Quand nous étions prêts à reprendre notre route, le petit garçon de 9 ans nous a montré ses chaussures, la semelle décollée, rendant la marche impossible. En un regard, nous avons décidé de nous rendre au magasin le plus proche pour lui fournir les chaussures avec lesquelles il pourra marcher et jouer au foot bien sûr. Aussitôt dit aussitôt fait. Décathlon était proche et nous avons pu  ramener une paire de baskets et des nu-pieds ouverts appropriés à la chaleur torride de ce jour là. Pour ne pas faire de jalouses, nous avons aussi acheté une paire de tongs à chacune des filles, qui n’avaient que des chaussures d’hiver.

Après la photo inévitable, nous avons repris notre chemin, heureux-se de cette rencontre, de ces rencontres d’un sourire ou d’un bonjour. Les plus petits de la famille exploraient leurs jeux nouveaux venus et la grande fille rejoignait ses petits camarades afghans avec qui elle apprend à parler français.

Une ombre planait bien sûr sur notre joie, dans ce monde en miniature qui semble bien fonctionner : plusieurs ne seront pas admis à rester parmi nous, et seront renvoyés dans la guerre ou l’horreur. Et si ce centre est bien pourvu en personnel social, compétent et efficace, c’est pour combien de temps? Et tous ces enfants qui auront fait l’expérience des rencontres avec couleurs, traditions, religions.,. Auront ils-elles le droit de témoigner ici, où nous en avons besoin, qu’un monde fraternel est possible, si ils-elles en sont exclus?

Hevi nous a chargés de remercier celles et ceux qui ont rendu possible et sécurisante sa situation et celle de ses enfants et nous ne tarderons pas à recevoir leur visite en été j’espère.

MERCI ! MERCI !
Josette Fournié
06 41 89 19 83

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Communiqué par la
Plateforme des Comités d’Accueil des Réfugiés en Drôme-Ardèche et Vaucluse
Valérie Rosier, Coordonnatrice,  Tél 06 12 33 10 71
arquaique@orange.fr
Colette Sénéclauze, Secrétaire, Tél 04 75 26 41 44
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