Compte-rendu d’une formation ALTERITES, à Romans début mars 2018

Marie-Claude Lefort, membre de notre Plateforme, partage avec nous le résumé de la formation Altérités qu’elle a suivie les 7, 8 et 9 mars 2018 à Romans-sur-Isère.

CYCLE DE FORMATION “ALTÉRITES AU CROISEMENT DE NOS REPRÉSENTATIONS” 2017 – 2018 – Médiation, formation et coopération internationale sur les questions migratoires

 

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 Formation ALTERITES – Au croisement de nos représentations

Le contexte actuel des accueils et l’intégration des migrants nécessite une formation adaptée et régulière pour intervenir auprès des publics en situation de précarité, aux repères culturels différents, parfois en souffrance psychique.

Ce cycle interrégional de formation sur  3 jours mené par l’association Ancrages – Centre de ressources, Histoire et mémoire des migrations (www.ANCRAGES.ORG) –  a proposé :

– les clés pour appréhender un environnement institutionnel et géopolitique complexe et évolutif

– de développer des aptitudes pour accompagner un public spécifique.

– de donner du sens à nos engagements et pratiques, faire évoluer les pratiques

 Notes des 3 modules

 1 – Cadre légal
Association Ancrages – Samia Chabani, directrice d’Ancrages

 Le modèle d’intégration nationale repose sur l’identité nationale.

Le modèle français d’intégration :

– le vivre ensemble,

– le point de départ est la révolution française,

– la conception de nationalité,

– l’opposition services publics / bénévoles et un faux problème,

– s’adresse à l’individu.

La nécessité d’adapter le travail sociale à ces publics dans le contexte d’une France à deux vitesses. Action sociale qui s’adresse à des publics ayant leurs « papiers ».

La déchéance de nationalité en revient sur la loyauté à la France et introduit qu’il y a des français mieux que d’autres.

L’alterisation est très présente dans notre société : nos institutions mettent à l’abri, l’attribution de  des allocations se fait sans discrimination de nationalité, religion…..

Le concept d’intégration en sociologie : s’adresse aux sociétés – l’interaction entre les groupes permet le vivre ensemble.

Cette notion est utilisée dans le cadre d ‘l’Etat « providence » qui assure solidarité et moralité. Aujourd’hui l’intégration est associée au lien social et à la citoyenneté.

L’assimilation : émerge dans le champ politique : adhésion complète par la conversion des mentalités et des comportements.

L’intégration : est une adhésion aux valeurs de la société et aux règles de fonctionnement – unité et intégrité de la communauté nationale.

L’insertion : reconnaître à un individu la place qu’il occupe dans une économie, un centre social et culturel et à préserver au moins partiellement l’identité d’origine.

L’inclusion sociale : est l’adhésion complète de l’étranger par une conversion des mentalités et des comportements aux normes et modes de fonctionnement de la société.

Il est nécessaire de comprendre la présence de l’immigration en France, phénomène durable. Les colonisations ont déstructuré les pays qui ont généré des déterminismes sociaux à la migration.

Aujourd’hui il y a

– un manque de cohérence sur la politique migratoire,

– une baisse des moyens qui lui sont destinés.

Les contenus des journées de formation civique obligatoires à la signature du Contrat d’Intégration Républicaine sont trop courtes, difficilement compréhensibles.

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2 – Le concept d’intégration et la thématique de l’accompagnement à la parentalité des publics primo-arrivants  (C. O’Deye, socio anthropologue)
Association Anthropos– Cultures associées 

– Il est important de favoriser la pratique de la langue maternelle en France

– Il est nécessaire d’accepter comment l’autre exerce sa pratique parentale

– Les indicateurs d’intégration sont le logement, l’emploi et la langue

– Le processus d’intégration pour les français eux-mêmes est violent et depuis longtemps. La force du système : que les citoyens aient beaucoup en commun.

– Plus le système est contraignant, plus il exclut.

– Il y a plus de différences entre 3 générations dans une même famille dans une famille de migrants que dans une famille de français (évolutions et changements des modes de vie)

– Il faut un peu de culturalisme et d’universalité pour comprendre les autres cultures.

– La suspicion génère souvent un repli plus extrême. La bienveillance positive le migrant

La parentalité

L’enfant est pour un devenir adulte avec des modalités très différentes suivant les origines. Nulle part le projet éducatif n’est le même.

La parentalité en général ça n’existe pas : se demander ce qui fait notre bagage autour de cela

La parentalité est éloignée de la plupart des modèles éducatifs des personnes migrantes.

Questionnements :

– Abandonner certains terrains en se demandant qu’est-ce qui est prioritaire pour moi ?

– Raconter les faits, identifier les préjugés.

– Lister ce qui serait bon de faire à  sa place et identifier d’où nous vient ce cadre de référence.

– Imaginer les questions possibles qui permettraient des informations pertinentes : la façon d’être délicat (e)

3 – Conditions de vie psychique des victimes, les traumatismes et leurs effets sur les accompagnants (N. Hriech Wahabi psychologue clinicienne)

Association OICEM (Organisation Internationale Contre l’Esclavage Moderne)
migrant qui donne un récit auréolé est un migrant qui a la capacité à la narration, à être dans le groupe.

– La mise en récit est comme une tentative de sortir du traumatisme. Passer de raconter à se raconter, se raconter dans son histoire à la première personne. Passer de l’un à l’autre fait lien et structure la narration.

– Dans un atelier parentalité raconter son histoire

– La personne doit être légitime à ce qu’on l’aide.

– Il y a souvent une dépossession de son propre récit de vie

– Aide au renforcement de l’autonomie : accompagner mais ne pas faire à la place.

– Les migrants font l’objet de divers trafics : voyage, servitude domestique, travail forcé, traite à des fins d’exploitation sexuelle, traite à des fins de mendicité, vente d’organes, vente d’enfants, mariage forcés.

– Le stress, la sidération, la peur sont des constantes dans les situations à forte charge traumatique

– Besoin d’une revalorisation narcissique – Passer de la mémoire traumatique à la mémoire de son histoire – Se souvenir pour oublier

– En France on dit « victimes » dans certains pays on dit « survivants »

PPT OICEM TEH 2018

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Communiqué par la
Plateforme des Comités d’Accueil des Réfugiés en Drôme-Ardèche et Vaucluse
Valérie Rosier, Coordonnatrice,  Tél 06 12 33 10 71
arquaique@orange.fr
Colette Sénéclauze, Secrétaire, Tél 04 75 26 41 44
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Annie Molinet, Blog, Tél 04 75 28 51 77
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Michel Léonard – Rédaction/webmestre
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