La tragédie de Calais – Manifestation à Buis-les-Baronnies (26)

Mercredi 1er décembre, 11 heures. A Buis les Baronnies. c’est le marché hebdomadaire. Le premier depuis le naufrage de 27 personnes mortes noyées entre la France et l’Angleterre. Les deux gouvernements se rejettent la faute, après avoir ignoré l’un comme l’autre de nombreux appels de détresse. Ou bien ils la rejettent sur ces passeurs que leur politique fait fructifier.

Dérisoire, ce cercle de silence qui s’improvise à 11 heures au milieu du marché ? Non. Nous sommes là pour dire que ces personnes ne sont pas mortes dans l’indifférence générale. Ce matin, nous ne parlons pas car nous sommes sans voix. Nous tournons en silence avec cette seule pancarte :

TRAGEDIE DE CALAIS

CONTRE DES ETATS HORS-LA-LOI

RETROUVONS D’URGENCE NOTRE HUMANITE

REJOIGNONS-NOUS EN SILENCE

Mais nous ne nous contenterons pas de nous taire par respect pour elles. Nous reprendrons la parole encore et encore pour dénoncer ces politiques criminelles, avec les compagnes et compagnons qui partagent le même combat.

Voici en conclusion un texte de Stefan Zweig, apporté par Serge Pauthe.

« Regarde-les donc bien ces apatrides, toi qui as la chance de savoir où sont ta maison et ton pays, toi qui à ton retour de voyage trouves ta chambre et ton lit prêts, qui as autour de toi les livres que tu aimes et les ustensiles auxquels tu es habitué. Regarde-les bien, ces déracinés, toi qui as la chance de savoir de quoi tu vis et pour qui, afin de comprendre avec humilité à quel point le hasard t’a favorisé par rapport aux autres. Regarde-les bien, ces hommes entassés à l’arrière du bateau et va vers eux, parle-leur, car cette simple démarche, aller vers eux, est déjà une consolation ; et tandis que tu leur adresses la parole dans leur langue, ils aspirent inconsciemment une bouffée de l’air de leur pays natal et leurs yeux s’éclairent et deviennent éloquents.

Telle est bien en effet notre nature : tout le mal qui a lieu ici-bas, nous en sommes informés. Chaque matin, le journal nous lance en pleine figure son lot de guerres, de meurtres et de crimes, la folie de la politique encombre nos pensées, mais le bien qui se fait sans bruit, la plupart du temps nous n’en savons rien. Or cela serait particulièrement nécessaire dans une époque comme la nôtre…»

Extrait de  “VOYAGES” (1902-1939)                                                                                                                                                              
Et grand merci à Alain Bosmans d’avoir fait paraître aujourd’hui 2 décembre cet article dans le Dauphiné !

Communiqué par 
Plateforme des Comités d’Accueil des Réfugiés en Drôme-Ardèche et Vaucluse (CARDAV)
Valérie Rosier, Coordonnatrice
Tél 06 12 33 10 71 arquaique@orange.fr
Colette Sénéclauze, Secrétaire
Tél 04 75 26 41 44 c.a.sene2015@gmail.com
Annie Molinet, Blog
Tél 04 75 28 51 77 coparhb@gmail.com

Michel Léonard – Rédaction/webmestre
michel.leonard26@orange.fr
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